Les pluies que nous attendions
mi-août et qui ne sont arrivées que début septembre n’ont pas perturbé le
déroulement de la vendange. Elles auront par ailleurs été très profitables en
permettant d’atteindre des titres alcoométriques volumiques plus raisonnables
et des maturités phénoliques plus abouties. Par contre, pour la seconde année
consécutive, les bruines continues de fin octobre ont encore ruiné notre
vendange tardive de marselan.
Les vinifications se sont déroulées dans de bonnes conditions. Les fermentations alcooliques et malolactiques sont toutes achevées. Les titres alcoométriques volumiques sont confortables avec des acidités un peu plus élevées que d’habitude et qui vont donner aux vins une bonne vivacité. Le niveau des acidités volatiles est raisonnable et les indices
de Folin, pour la plupart des cuves, témoignent d’une belle concentration.
Le nez du Chardonnay est délicat et rappelle la fleur blanche et la pêche de vigne. La bouche, déjà souple, laisse augurer d’un vin typé et élégant.
Les saignées de syrah (vinifiée en barriques neuves) et de grenache (vinifié en cuve) devraient conduire à l’élaboration d’un vin rosé rond, fruité (framboise,cassis, pruneau) et grillé (café).
La syrah provenant des vielles vignes est prometteuse avec des arômes de cassis, de cachou et des tannins serrés. Celle vinifiée en macération pré fermentaire à froid est plutôt sur la griotte alors que la syrah en macération carbonique à grappes entières évoque l’olive noire, le cassis et le chocolat.
Le grenache, bien qu’encore un peu mâché en bouche mais avec un beau potentiel, offre un nez frais de garrigue, de framboise et de laurier.
Le carignan en macération carbonique, déjà très flatteur, propose une belle harmonie sur le moka et la réglisse. C’est, sans aucun doute, une grande réussite sur ce millésime.
L’alicante, sombre et poivré, avec un joli fruit frais, nous fait découvrir une belle expression de ce cépage.
Le nez du cabernet-sauvignon est frais et évoque le cèdre et la mûre de ronce. La bouche est ample et structurée.
Enfin le merlot, comme à l’accoutumée, sur le fruit frais avec des notes mentholées, de mûre et de cacao propose une bouche souple et gourmande.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour adjoindre un qualificatif à 2005, on peut néanmoins penser que ce sera un bon millésime.